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Avant de commencer le Facebook Takeover...

Mathieu St-Onge
13 Octobre 2013

OKokokokkkkk wowowowwww j'ai reçu une centaine de candidatures de facebookeux game de me laisser leurs mots de passe. Viole-moé par-ci, domine-moé par là! Fouu! On s'entend: j'en aurais pas reçu pantoute si j'avais pas mentionné faire tirer un de mes tableaux parmi les participants, mais je m'attendais pas à en avoir autant. Pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle, j'explique le défi ici.

C'est plate pour tous ceux qui veulent participer, mais je vais quand même en exécuter seulement une dizaine. Comme prévu, je vais sélectionner quelques profils d'avance et tirer les autres au sort. Je veux pas que vous pensiez que je veux favoriser des gens pour le prix, pour moi c'était un incitatif et c'est en second plan, le but premier c'est de m'amuser avec des profils qui m'inspirent. Par exemple, j'ai eu cette candidate que j'ai tout de suite retenu et avec qui j'ai eu une discussion quant aux limites à ne pas franchir: 

Je vais essayer de faire ça étalé durant les deux prochaines semaines. Prenez note que je vais avertir la personne dont je vais prendre possession du compte avant de commencer, et que je vais caller les noms des victimes ensuite sur mon profil. 

Quelques contradictions:

On appelle ça se faire facebook rape, mais dès le départ, j'étais un peu inconfortable avec cette notion. Comme on l'a remarqué, il y a une incompatibilité entre le titre et la nature de la performance. Puisque c'est consentant, ce n'est plus un rape: 

Autre intervention pertinente ici

Et la question de la responsabilité morale 

Quand on profite d'un facebook laissé ouvert pour écrire des conneries et mettre la victime dans l'embarras, il s'agit en soi d'une prise de contrôle plus que d'un viol, d'où le terme anglais takeover, que j'ai choisi d'utiliser pour cet article. 

Le flot de contenu sur le web fait toujours crier les créateurs et diffuseurs plus fort, à grands hurlements de «incroyable ce que cette fille a fait; la vidéo la plus dégoûtante de l'histoire; la meilleure recette au monde; vous ne verrez plus jamais la vie de la même façon après avoir regardé ceci, etc.» On va souvent préférer un titre puissant mais un brin trompeur pour attirer plus de clics. 

D'habitude, j'essaie de créer des slogans sexy en évitant cet écueil, mais j'avoue m'être laissé emporté par l'appât du titre pour ma vidéo d'envoi. 

Reste que le mot "rape" est largement utilisé quand on profite de l'oubli de déconnexion d'un ami pour se gâter avec un statut ou deux.  

Haha drette comme chu là en train d'écrire ces lignes je vois ça sur le site de La Presse: 

Tsé la vie m'envoie un signe. Est-ce que la notion de viol serait effectivement banalisée?

Je voulais pas rentrer là-dedans mais... 

Je suis conscient que cette expérience ludique que je propose évoque le pire, même si la majorité d'entre vous n'avez rien vu de malsain à mon jeu. On sait que le web crée à la fois des déconnexions froides et des sensibilisations puissantes. Je lis régulièrement des histoires d'horreurs et des témoignages révoltants qui m'ont conscientisé sur la culture du viol.  Par contre, ma tolérance à l'humour noir s'est solidifiée et je suis capable de visionner des scènes d'horreur sans frémir pendant que je mange. 

...mais je peux pu me retirer

Au-delà de l'utilisation du mot qui semble ne plus faire frémir grand monde, hors de l'univers numérique, il y a la réalité du viol qui est banalisée et normalisée: l'avoir cherché parce que la jupe était trop courte, se faire reprocher le verre de trop, recevoir sa juste rançon en milieu carcéral, la marchandise maquillée beurrée défoncée par des pénis devant les caméras, les nuits de noces de mariages forcés... le mot est facile à utiliser, il fait même rire à l'occasion (dire qu'on se fait violer les oreilles par de la musique de marde par exemple), mais la réalité qu'il évoque est violente et insoutenable. Et pire: elle est omniprésente.  

J'opère un glissement un brin fallacieux

Voyez-vous, on baigne dans un immense vagin à la flore périssante, réticent et pas lubrifié. La manière dont on consomme est un viol des ressources naturelles et une exploitation perpétuelle des employés, à moins de palier à ça comme ce mec en abandonnant l'argent. L'économie capitaliste est un gros trip BDSM pas tant le fun où des esclaves consentent par dépit à servir des maîtres, liés à leur besogne avec une cagoule sur la tête, sans connaître le visage lointain de celui qui profite de leur force de travail. Le consommateur, lui, est souvent tenu dans l'ignorance sur les conditions réelles de fabrication des biens qu'il consomme et des mécanismes de profit. Je vous invite à faire ce jeu: combien d'esclaves travaillent pour vous?

On évolue dans un univers de travail où le trip sado-maso flirte avec le viol. Ça fait partie du quotidien, violer de façon consentante, c'est un pacte qu'on signe pour nos carrières, c'est accepté socialement, autant que la drague insistante à la limite de l'aggression sexuelle fait partie de la culture machiste. 

Je me relis pis je me trouve moyen comme wannabe sociologue, je vais donc poursuivre en poésie:  

La nature se soumet dans les mains de l'homme
Pleure en lui offrant un dernier fruit encore vert
Siphonée et toujours coupable 
Aspergée de ciment et d'engrais sale 
Chevauchée par une armée de pénis sauvages 
Elle cède à la toute-puissance du désir pressant
Elle nous confronte à l'endurance
Certaine de rester droite comme une sainte
D'engloutir à grande bouchée les morsures et les claques  
De tout digérer, de survivre sans fléchir 
Aux orgasmes juste corrects 
Aux éjaculations qui soulagent comme un pet
Les fringales fades et les fausses facades
L'argent a chassé le dernier frisson 
Déconnectées froides les étapes
De la mer jusqu'aux petits plats 
De la mine jusqu'aux doigts gras
Chaînes de travail esclaves sans nom
L'argent a chassé le dernier frisson. 
Gelé la paupière qui ne cligne plus devant le viol
Qui pleure des larmes brouillés dans l'eau potable  
Siphonée et toujours coupable 

Si j'ai pris le temps de passer par ce petit sentier moralisateur et glissant, c'est pour mieux vous expliquer pourquoi je n'ai pas envie de prendre vos identités 2.0 et de les abuser pour qu'il ne reste rien de vous, pour vous détruire cruellement (sauf pour ceux qui m'ont dit "épargne-moi pas j'aime ça hardcore"). Je préfère explorer et même m'attacher au territoire avant de le forer. Me connecter sur le facebook d'un étranger ne sera donc pas une position de toute-puissance. Au contraire, je vais me sentir tout petit devant toute la vie d'une personne, que je ne pourrai que tenter de comprendre du mieux que je peux à travers des bribes numériques. Et comme je me connais, je vais passer énormément de temps à regarder et observer avant d'agir. Je serai plus voyeur que violeur finalement. 

Bah pas tout le temps au fond, des fois je vais spanker solide. 

 
Je choisis les premiers participants cette nuit et je commence ça demain! Soyez prêts! 

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